Gouvernance Participative

Oser mettre tout ou partie à plat

Gouvernance participative accompagnement d'un collectif d'habitants

Mettre en place une gouvernance participative dans son organisation est une décision audacieuse, enrichissante et un véritable parcours initiatique pour tous mais surtout pour les personnes en charge, jusqu’alors, du management. C’est, décider que ce qui relevait essentiellement du travail des managers se distribue sur tout ou partie des collaborateurs.
Mais que deviennent alors les managers et les collaborateurs ? Quand et comment dégagent-ils du temps pour s’occuper de cet aspect de l’organisation ? Tout ce petit monde est-il bien partant pour cela ? Et comme il est difficile de répondre à cette question avant de l’avoir expérimenté, il va être utile d’y aller pas à pas, par itérations, pour vérifier que l’on va bien dans la direction souhaitée et qu’on en a les moyens.
De toutes façons, la gouvernance participative ou partagée est un mode de gouvernance par essais, erreurs, validations, remise en question, évolution, … vivant, quoi !

Décider ensemble de la manière de s’organiser, au service de la Raison d’Être et de la Vision de l’organisation ou du projet

Tous les modes de gouvernance ont leur valeur. Même la dictature en est un, efficace par certains aspects … Tout dépend du modèle de société que l’on souhaite soutenir, de ce que l’organisation apporte ou souhaite apporter au monde et à chacun, en elle-même. On démarre donc généralement la mise en place d’une gouvernance participative en définissant ou redéfinissant, avec le plus grand nombre de parties prenantes, la Raison d’Être de l’organisation qui répond à cette question. Ensuite, la Vision à 6 mois, 2 ans, 5 ans … qui dira de quelle manière l’organisation, par la voie de ses acteurs, souhaite manifester sa Raison d’Être dans le temps. Une fois ces 2 piliers clarifiés, il ne « reste plus » qu’à co-créer la gouvernance participative qui conviendra le mieux pour apporter au monde ce que l’on souhaite, c’est-à-dire la manière dont on va s’organiser pour cela : quelles fonctions doivent être remplies ? Quel design de fonctionnement ? En cercles interconnectés ? Concentriques ? Quelle ingénierie de temps de rencontre, à quel rythme, pour y faire quoi ? Quels rôles, quelles responsabilités ? … Et à tester une ou plusieurs versions beta de ce design en prévoyant un système d’évaluation et d’évolution auto-dynamique.
Là encore, les solutions lentes et à petite échelle sont la clé. Le temps de la gouvernance participative est le temps du vivant du groupe, un temps plutôt lent si l’on ne veut perdre personne en route et permettre à chacun d’intégrer le co-pilotage. « Mais vous croyez qu’on a le temps », me direz-vous ? « Et le déploiement de notre activité ? Et l’acquisition de nouvelles parts de marché ? » Il s’agit juste d’un autre usage du temps. Les groupes qui en consacrent à mettre en place et cultiver leur gouvernance participative sont aussi des collectifs qui passent des paliers de maturité et de résilience comme les autres ne le font pas et qui poussent profondément leurs racines dans le sol pour tenir mieux le coup lors des tempêtes … C’est ce que j’appelle le « vite lentement ». A vous de choisir.
Enfin, la gouvernance participative n’est en rien un modèle. Comme le dit Isaac Guetz¹ des « entreprises libérées », c’est une philosophie. Cette nouvelle manière de s’organiser repose sur des principes, des postulats, des valeurs, comme celles décrites par Frédéric Laloux dans son ouvrage Reinventing Organisations. Pour ma part, j’ai découvert que les principes de la permaculture, inspirés du mode d’organisation du Vivant, pouvaient être très aidant pour leur mise en place. Après, tout reste à créer car à chaque écosystème sa gouvernance participative, en fonction de son contexte, sa culture, ses parties prenantes, son ou ses métiers, … Et pour cela, les pratiques d’Intelligence Collective sont les plus adéquates.

¹Isaac Guetz, Magazine SocialCE Hors Série 2015