Intelligence Collective

Une manière d’être, de vivre et de travailler ensemble

Module de formation aux pratiques d'Intelligence Collective pondération Parall'axe

Des postulats

Le postulat principal qui sous-tend les pratiques d’Intelligence Collective est que « les personnes présentes sont les bonnes pour trouver des solutions à leurs problématiques ». Cela sous-entend que l’intelligence collective préexiste dans tous les groupes et qu’il suffit de bons processus pour la faire émerger.
Cela entraine aussi d’avoir le souhait et le courage de faire confiance à « ces personnes présentes », de lâcher le « contrôle sur » qui a émaillé nos parcours éducatifs et professionnels pour passer au « pouvoir avec » et à développer une nouvelle capacité, celle de « contenir », créer un contenant pour que ces personnes puissent réfléchir et co-créer en toute sécurité. Cela entraîne donc une évolution de la posture managériale. Pas simple …

Tenir bon, traverser les moments de chaos

Lorsque l’on passe, dans une organisation, d’une culture du « contrôle sur » à celle du « pouvoir avec », qui libère la parole, promet d’intégrer les avis et talents de chacun, il n’est pas rare de passer par une phase de chaos. Tenir bon, faire confiance aux processus pour ne pas repasser en mode directif mais donner à vivre qu’il est possible de traverser ensemble, est indispensable. Ne pas faire de fausses promesses d’intégration des apports collectifs et revenir, ensuite, avec une solution imposée (même si inspirée) d’en haut, l’est tout autant. Les personnes habituées à ce que leur avis ne comptent pas sont davantage frustrées si on leur fait goûter aux pratiques d’Intelligence Collective sans les tenir jusqu’au bout que si on ne démarre pas avec elles cette expérience. Au risque aussi de griller pour longtemps ces approches. Et ce n’est pas facile !

Créer une nouvelle culture

Faire entrer les pratiques d’Intelligence Collective dans une organisation, c’est développer une conscience élargie de l’écosystème, se questionner sans cesse sur les parties prenantes à intégrer, renoncer aux décisions prises rapidement, par quelques-uns se sentant en affinité. C’est accepter et intégrer qu’une proposition dans laquelle vous aurez mis tout votre cœur, seul ou avec quelques collègues, passe à la moulinette du collectif concerné pour être « bonifiée » et que le résultat sera meilleur que votre proposition initiale parce que chacun y aura contribué et sera plus enclin à la mettre en œuvre. Mais ce n’est pas facile, non plus !

Tout cela n’est donc pas aisé, mais les bénéfices sont de taille !

En termes de résultats directs : des idées plus innovantes, plus audacieuses, une meilleure implication dans la recherche de solutions et l’application des décisions, le développement de plus d’initiatives fédérées, une analyse plus profonde des causes de problématiques et donc de meilleures résolutions, …
En termes de résultats indirects : une utilisation optimisée des talents et compétences en présence, une meilleure qualité relationnelle, plus de confiance entre les acteurs, le développement d’un sens de la responsabilité collective, la création d’espaces-temps où chacun sait que les problématiques seront abordées et traitées avec justesse, …

Module de formation aux pratiques d'Intelligence Collective World Café
Module de formation aux pratiques d'Intelligence Collective préparation d'évaluation en IC

Des pratiques

La Raison d’Être d’adn étant devenue “explorer et transmettre comment être autrement humains sur cette Terre”, j’ai à coeur de faire de ce site, un site source sur lequel vous pouvez trouver des informations permettant de mettre en oeuvre ou d’améliorer vos pratiques actuelles, mais aussi d’y trouver des inspirations issues du fonctionnement du Vivant qui élargissent le champ de l’IC.

Je crois que les temps à venir seront des temps où nous allons avoir beaucoup de choses à réinventer, localement ou non, et qu’il serait utile que nous soyons en capacité d’organiser la coopération pour créer le moins de cacophonie possible. D’expérience, j’ai pu constater qu’il ne suffit pas de souhaiter la coopération ardemment pour qu’elle s’invite spontanément …

Des fondamentaux

Pour permettre de développer une culture du « pouvoir avec » et de mise en place de « contenants », permettant l’alchimie des intelligences, les pratiques d’Intelligence Collective reposent sur des fondamentaux :

Une disposition en cercle de chaises, sans table, pour favoriser l’égalité du poids de parole, quelque soient les niveaux hiérarchiques représentés.

– Le tour de parole. Chacun s’exprime à son tour, généralement dans le sens des aiguilles d’une montre. Faire partie d’un cercle pose la responsabilité que l’on a envers celui-ci. Le tour de parole invite chacun à prendre cette responsabilité de s’exprimer, même si c’est pour dire qu’il/elle n’a rien à dire pour l’instant.

Le pouvoir du silence. Le tour de parole contraint tous ceux dont ce n’est pas le tour au silence. Voilà une formidable pierre ponce des égos et un temps béni de découplage des émotions et du contenu pour s’assurer, à son tour, d’être plus clair et donc mieux compris …

– La parole au centre. Les pratiques d’Intelligence Collective invitent à une danse permanente entre le Je et le Nous. Non pas des Je contraints, mais des Je libres de s’exprimer et de prendre leur responsabilité dans le Nous. Et comme l’idée n’est pas de « ségréguer » ou de décider qui a raison ou tort, la parole de chacun se dépose au centre du cercle, sans s’adresser à quiconque. Cela permet aux idées de s’additionner et se multiplier et de créer le produit de l’Intelligence Collective : une émergence de résultat plus innovant et incluant l’ensemble des parties prenantes.

– Les avis et les personnes sont dissociés. Autre joli ponçage égotique. Il n’y a pas de place pour revendiquer personnellement quoi que soit. En IC, rien ne se perd mais tout se transforme. Surtout la croyance que sans notre idée, l’organisation serait perdue. A la place pousse une jolie confiance dans un résultat plus ajusté produit par la contribution de chacun.

Les avis s’additionnent, se multiplient, ne se combattent pas. Fini le débat. Frustrant pour certains, au début, en tous cas.

– Le facilitateur est gardien du cercle et des règles. Son rôle est primordial. C’est lui qui assure que chacun soit bien considéré de la même manière et donc, en sécurité, dans le cercle. Lui qui anime et rappelle ces fondamentaux (mais aussi l’objectif de la réunion, le timing, …) si l’on s’en éloigne.

Ces fondamentaux sont explicites et partagés lors de facilitations réunissant un maximum de 15 à 20 participants. Au-delà, on les retrouve, de façon induite, dans les consignes des processus utilisés.

Des outils

Les outils d’Intelligence Collective sont multiples. Certains s’appliquent à des petits groupes, d’autres, à des grands. Si les fondamentaux ci-dessus se chargent de la partie « prendre soin », les outils, eux permettent d’obtenir des résultaIl y en a pour tous les cas de figure. Voici ceux que j’utilise. Il en existe d’autres dont des outils digitaux dont je n’ai que peu d’expérience :

Module de formation aux pratiques d'Intelligence Collective élaboration collective de Vision
Forum Ouvert en Intelligence Collective
Module de formation aux pratiques d'Intelligence Collective World Café
  • Faire connaissance, transformer, explorer – le World Café, le Forum Ouvert, Parall’axe (fiches explicatives)
  • Définir une vision commune – Storytelling
  • Élaborer une proposition – Parall’axe, Storytelling, Élaboration de proposition sociocratique
  • Gérer un projet – Outils Agile, Parall’axe et outils issus de la Sociocratie
  • Décider collectivement – Prise de décision par consentement (Sociocratie)
  • Soutenir un ou plusieurs porteurs de projets – Codéveloppement professionnel, Pro Action Café
  • Élire un représentant – Élection sans candidat (Sociocratie)
  • Évaluer des compétences et l’atteinte d’objectifs – Évaluation sociocratique
  • Résoudre une problématique systémique – Constellations systémiques d’organisation
  • Gouverner une organisation – un mix de tout cela …

Toutes ces approches se complètent et peuvent s’hybrider à souhait, en fonction de l’objectif que vous poursuivez. Ces outils sont en mode “open source”. Les pdf ci-dessus sont en téléchargement libre. Merci juste d’en citer la source. 

Un processus de design

En IC, le matériau principal, ce sont les humains que l’on met dans les meilleures conditions possible pour qu’ils puissent exprimer le meilleur d’eux-mêmes. Et les humains, c’est délicat, complexe, changeant, … Avant de définir quel outil utiliser, on va poser un certain nombre de questions, interroger le contexte général, celui de l’intervention, en particulier. Comme en permaculture (voir ce sujet dans mes inspirations), on va d’abord « observer, puis interagir ».
Designer correctement une intervention en IC est une part primordiale de la fonction de facilitateur. Mieux l’intervention aura été préparée et meilleur en sera le résultat.

Des conditions

On me demande souvent quel sujet ne peut être traité en IC. A mon sens, aucun. La limite des pratiques d’IC se situe davantage au niveau de la maturité et de la motivation des contextes dans lesquels on souhaite les expérimenter. Si les conditions ne sont pas réunies au sein de l’organisation ou des équipes parce que le management n’est pas vraiment prêt à faire l’expérience transformatrice de la participation de tous, s’il existe de la méfiance, des conflits larvés, … il y a risque d’échec, voire de dégradation des relations. L’Intelligence Collective qui est, selon moi, comme un spot de 1000 watts braqué sur un système, libère les non-dits et demande qu’ils soient traités. Cela peut être assez violent pour un écosystème qui s’est construit autour de ses blessures ou qui tient debout grâce à sa culture verticale.

5 questions à Marine Simon par Caroline Bobin

Module de formation aux pratiques d'Intelligence Collective session facilitée par les participants

Une posture :
La facilitation

Leadership au service

La posture de facilitateur.trice s’apprend, s’expérimente, se confronte, se peaufine. Si vous n’y êtes pas formés, je vous invite fortement à suivre un cursus de formation. Elle est un subtil mélange entre deux attitudes que l’on pourrait penser opposées : un leadership bien ancré, clair, sécurisant et une attitude de service à l’émergence de l’IC dans le groupe. Elle requiert les compétences et les qualités de l’accoucheuse. C’est à elle que revient de sécuriser l’arrivée d’un nourrisson qui n’est pas le sien et dont, ni elle, ni les parents ne connaissent encore le visage …

Ses plus grandes qualités :

  • ancrage – il.elle sait s’auto-sécuriser sans quoi, il.elle ne pourra pas sécuriser les participants
  • souplesse – il.elle sait remettre en question la proposition de facilitation qu’il.elle avait conçue, en fonction de ce qu’exprime le vivant du groupe
  • 6e sens développé – il.elle a particulièrement développé son ressenti, son intuition et sait capter avec subtilité les flux et blocages d’énergie ou les non-dits dans un groupe, les accueillir, les inviter, inviter le groupe à les fluidifier

Ses missions les plus importantes :

  • être gardien du cercle, des règles, de l’intention, du rythme, du processus et de son ajustement
  • neutralité – il.elle sait adopter une posture intérieure de neutralité, de non-jugement, par rapport à ce qui est partagé dans le groupe. Si il.elle est intervenant extérieur, il.elle n’aura pas trop de mal à tenir cela. Si il.elle fait partie de l’équipe, il faudra qu’il.elle développe ce talent. La parole ne peut être libre que si le.la facilitateur.trice n’a pas d’avis sur ce qui est dit.
  • fidélité – il.elle est, généralement, en charge de noter sur paperboard les partages du groupe (selon l’outil utilisé). Il.elle se doit d’être fidèle à ce qui est partagé, la responsabilité du contenu revenant à chacun. Il.elle évite ainsi de faire intervenir sa propre interprétation ou reformulation.
  • construire un partenariat solide et sécurisant avec le commanditaire ou l’équipe commanditaire. Le métier de facilitateur.trice en IC n’est pas un métier de prestataire de services, mais de partenaire. Il ne s’agit pas de « vendre des outils d’IC » mais d’entrer, avec délicatesse, dans l’intimité d’un collectif d’humains pour le comprendre au mieux et l’accompagner à créer mieux, ensemble, ce dont il a besoin.